3 questions à Christian Troadec : Officialisation des langues régionales

3 questions à Christian Troadec : Officialisation des langues régionales

3 questions à Christian Troadec : Officialisation des langues régionales

Trois questions à Christian Troadec

Candidat à l’élection présidentielle de 2017, maire de Carhaix, vous vous êtes prononcé solennellement pour l’officialisation des langues régionales en France. Pourquoi ?

J’ai tenu à faire cette déclaration au moment où la Redadeg, une course relais en faveur de la langue bretonne, venait de parcourir en une semaine avec beaucoup d’enthousiasme et d’espoir, nuit et jour, 1 700 kilomètres, traversant près de 300 villes de Bretagne. Cette manifestation pacifique et joyeuse, pleine de jeunesse, est le symbole de la transmission de la langue et sans doute aussi de l’urgence qu’il y a à courir pour trouver les solutions afin d’assurer son avenir. La Redadeg a connu cette année un succès populaire inédit et grandissant, sur les traces de la Korrika basque, une course similaire dans l’esprit. C’est le signe que la demande sociale en faveur des langues régionales va certainement encore progresser.

Qu’attendez-vous de Paris ?

Le temps est venu pour la République française de desserrer l’étau jacobin afin de permettre aux différentes régions de faire vivre librement leurs langues régionales. Le temps est venu qu’elles puissent enfin mettre en place sans entrave les outils nécessaires (médias, enseignement…) à leur préservation. L’officialisation des langues régionales est un pas indispensable si on veut leur donner une chance de survie. Lorsque je dis que je suis le candidat qui veut libérer les énergies, les potentialités et l’intelligence de nos régions et de nos territoires, je veux dire aussi que nos langues et nos cultures, cette richesse et cette diversité, sont autant d’atouts pour nous aider à imaginer autrement l’avenir, pour nous aider à trouver des solutions originales aux problèmes économiques, sociaux, écologiques auxquels nous sommes confrontés. 

Aujourd’hui Paris bloque toute évolution positive. Lors de la campagne pour l’élection présidentielle je ne manquerai pas d’intervenir et de faire des propositions sur ce dossier sensible dans de nombreuses régions de l’Hexagone ou d’Outre-mer.

Etes-vous optimiste pour l’avenir des langues régionales ?

Ni optimiste, ni pessimiste. C’est un combat quotidien. Difficile parce que le poids de l’état central à travers tous ses outils est tentaculaire et omniprésent, avec comme ligne unique de pensée, imposée à tous, l’article 2 de la Constitution qui stipule que « le français est la langue de la République ». La langue unique donc ! J’ai lu avec beaucoup d’intérêt les articles consacrés à la rencontre des représentants élus de la Corse avec les ministères de la Culture et de l’Education nationale. Je suis d’accord avec Saveriu Luciani, conseiller exécutif en charge de la langue et de la culture corses lorsqu’il dit que « la question linguistique n’est pas seulement une question scolaire, c’est une question politique et sociétale ». Chacun dans sa « région », et parfois tous ensemble si c’est possible, nous devons nous battre pour l’officialisation qui ouvrira les portes aux planifications nécessaires à la survie et au développement de nos langues respectives. Mais le constat est hélas vite fait, le gouvernement reste dans « un déni de démocratie linguistique », le verrou jacobin, aussi anachronique puisse-t-il paraître en Europe aujourd’hui, est encore fermé à double tour.

 

 

logoblanc

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